L'Asie du Sud-Est
Torrents, ruisseaux, marécages, plaines inondables, fleuves, rivières... L’Aquarium présente les écosystèmes variés d’Asie et d’Australasie, avec des espèces emblématiques comme la tortue à nez-de-cochon.
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La rivière Tha Pom en Thaïlande
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© Frederic Fasquel
La zone Asie de l’Aquarium présente des espèces et des écosystèmes d’Asie du Sud-Est, du Myanmar à l’Ouest jusqu’à la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l’Est. Des torrents et ruisseaux d’altitude aux marécages et plaines inondables côtières en passant par les fleuves et rivières lentes, les milieux aquatiques asiatiques sont extrêmement variés.
Dans le grand bac central de l’Aquarium sont regroupées des espèces australiennes, comme la tortue à nez-de-cochon ou le dipneuste australien. Bien que ne faisant pas partie de l’Asie à proprement parler, l’Australie se situe dans la même zone biogéographique appelée Australasie.
Les torrents et ruisseaux
Qu'est-ce qu'un torrent ? et un ruisseau ?
Les torrents et ruisseaux regroupent ce qu’on appelle les eaux rapides. L’écoulement de l’eau y est turbulent, rapide et tend en général à se ralentir lorsqu’on descend en altitude vers les reliefs plus bas.
Cette distinction avec les rivières et fleuves est arbitraire mais permet de classer les cours d’eau en deux familles, qui présentent des conditions hydrologiques et biologiques très différentes.
L’eau des ruisseaux et torrents provient des ruissellements de surface et de sources. Elle est plutôt claire, bien oxygénée car très brassée par les cascades et les rochers, fraiche et assez acide. Leurs fonds sont constitués de blocs, rochers et cailloux qui résistent aux forts courants.
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Rivière avec rapide dans le nord est de la Thaïlande
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Rivière forestière dans l'Est de la Thaïlande
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Sous la surface d'un petit torrent avec des gobies
© Frédéric Fasquel
Quelles espèces peut-on y trouver ?
Pour vivre dans ces eaux vives, les poissons doivent être bons nageurs et capables de rester collés aux rochers pour ne pas être emportés. C’est le cas de poissons de la famille des loriicaridés, comme les Ancistrus ou les Plécostomus, et aussi des loches de Bornéo. Certaines espèces migratrices remontent les rivières pour accéder à ces ruisseaux dans lesquels elles se reproduisent.
Par exemple, le Channa andrao remonte le fleuve Brahmapoutre pour aller se reproduire dans la rivière Sangosh Raidak.
Les fleuves et rivières lentes
Qu'est-ce qu'un fleuve ?
Les rivières et les fleuves regroupent ce qu’on appelle les eaux lentes. L’écoulement de l’eau y est calme, peu rapide et tend en général à ralentir encore lorsqu’on approche de l’embouchure des fleuves. Cette distinction avec les ruisseaux et torrents est arbitraire mais permet de classer les cours d’eau en deux familles, qui présentent des conditions hydrologiques et biologiques très différentes.
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La rivière Kwaï en Thaïlande et son célèbre pont
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© Frederic Fasquel
Quelle faune et flore ?
Si, dans le lit mineur de la rivière ou du fleuve, la végétation régulièrement emportée par les crues a du mal à se développer, le lit majeur abrite une végétation abondante, sur un sol alluvionnaire riche en minéraux et en eau.
Fleuve Barbus swanfeldi nageant à la surface dans la rivière Kwai
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La variété des conditions de vie des rivières fait qu’on y trouve une grande variété de poissons aux formes et comportement adaptés. Par exemple, selon qu’ils vivent près du fond, en pleine eau ou près de la surface, des poissons auront leur bouche tournée vers le bas comme les raies et lespoissons chats, vers l’avant comme les cichlidés et les poissons crocodiles ou vers le haut comme l’Arowana ou le Gourami géant.
Les rivières et fleuves voient également passer des espèces de poissons migrateurs, qui n’y vivent pas mais qui, pour se reproduire, vont rejoindre les cours d’eau rapides en amont comme le saumon, ou la mer en aval comme l’anguille.
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La rivière Tha Pom en Thaïlande
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La rivière Tha Pom avec son massif de Cryptocoryne
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Plaines inondables
Qu'est-ce qu'un marécage ?
Un marécage est un terrain recouvert régulièrement par de l’eau. Les alternances entre périodes sèches et périodes humides induisent une grande variation de l’humidité. De même la température change considérablement selon la saison et les apports d’eau. Lorsqu’elle est présente, l’eau y circule peu, voire pas du tout. Le manque de mouvement de l’eau entraine sa faible oxygénation, ainsi que le dépôt de particules en suspension apportées par les crues ou les inondations. Le fond des marécages est donc très vaseux et les eaux très turbides.
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Flood plain in Thailand
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Bubble nest of Betta imbellis in a flooded meadow
© Frédéric Fasquel
La végétation y est souvent abondante, parfois constituée de petits arbres. Elle s’y développe puis se décompose sur place. Parfois, cette matière organique en décomposition peut s’accumuler, mal dégradée par l’absence d’oxygène ou les basses températures. Ce phénomène peut entrainer la formation de tourbières, voire de couches de charbon des millions d’années plus tard. Les racines qui restent souvent sous l’eau émergent à certains endroits pour aller échanger des gaz avec l’atmosphère.
Les plus grands marécages tropicaux sont observés en Indonésie, dans le bassin du Congo, celui de l’Amazone, dans la région du Pantanl au Brésil et dans les bayous de Louisiane.
Quelles espèces peut-on y trouver ?
Les conditions de vie dans les marécages sont donc très difficiles. Pourtant, les animaux qui y vivent sont adaptés à ces milieux troubles, mal oxygénés, soumis à des assèchements réguliers et de forts changements de température.
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Trichopsis pumila male from Thailand
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Wild Trichopsis vitata from Sakon Nakon
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Osphronemus laticlavius
Photo : Déodat Manchon © Palais de la Porte Dorée
Par exemple, les gouramis ont développé la capacité de respirer le dioxygène de l’air, à l’aide d’un labyrinthe situé dans leur tête. Cela leur permet de résister aux assèchements. Le poisson tête de serpent est capable de ramper hors de l’eau et traverser des prairies sèches pour retrouver un trou d’eau plus loin. Les piranhas sont plutôt mauvais nageurs et chassent à l’affut dans les eaux troubles. Le killi des mangroves, qui vit aussi bien dans les mangroves que dans les marécages supporte l’assèchement, des températures de 7 à 38 ° et une salinité très variée.