Alligator du Mississippi
Alligator mississippiensisDeux nouveaux alligators
Deux alligators du Mississippi ont rejoint l'Aquarium tropical le 17 février 2026. Ces deux sœurs sont nées en 2014 et ont grandi ensemble au zoo de Sigean, dans l'Aude.
La présence d'alligators à l'Aquarium tropical permet d'illustrer la richesse et les particularités des crocodiliens, ordre auquel ils appartiennent avec les caïmans, les crocodiles et les gavials.
Les alligators vivent dans les eaux douces ou peu salées des marécages et des estuaires, comme les fameux bayous de Louisiane, réseau d’anciens bras du fleuve Mississippi. Ils ont bien failli disparaître. Mais grâce à un programme de protection et de réintroduction entamé dans les années 1960, plus d’un million d’individus peuplent maintenant les côtes de Floride et de Louisiane.
La richesse de ces milieux procure aux alligators une alimentation variée : insectes, crevettes, écrevisses, petits oiseaux et poissons. À l’Aquarium tropical, ils mangent de la volaille et du poisson, une fois par semaine.
Les Alligatoridés et les crocodiliens
Les crocodiliens constituent un ordre de reptiles apparu il y a environ 320 millions d’années, issu des amphibiens. Les oiseaux, apparus plus tard entre 120 et 180 millions d’années, partagent avec eux un ancêtre commun, si bien qu'il y a plus de similarité phylogénétiques entre un pigeon et un crocodilien qu'entre une tortue et un crocodile !
Le groupe actuel des Eusuchiens a évolué depuis environ 120 millions d’années pour donner naissance, il y a 60 millions d’années, à trois familles distinctes : les Crocodylidae, les Alligatoridae et les Gavialidae. Aujourd’hui, l’ordre des crocodiliens regroupe 27 espèces.
La remarquable persistance évolutive de ce groupe s’explique en partie par son mode de reproduction. Contrairement aux amphibiens, les crocodiliens pondent des œufs dotés d’une coquille résistante, limitant la dessiccation. Ces œufs contiennent également les réserves nutritives nécessaires au développement de l’embryon et sont fécondés par voie interne, ce qui libère le mâle de la nécessité d’être présent au moment de l’ovulation.
Les Alligatoridés : caractéristiques et reproduction
La famille des Alligatoridés regroupe les alligators et les caïmans. Ils se distinguent des autres crocodiliens par des traits morphologiques spécifiques, notamment une tête plus large et aplatie en forme de « pelle ». Cette morphologie permet à la quatrième dent de la mâchoire inférieure de s’insérer dans une loge à la fermeture de la gueule, rendant sa pointe invisible. Leur mâchoire est une arme redoutable, capable aussi bien de broyer de grandes proies que de manipuler avec une extrême délicatesse les œufs ou les jeunes.
Chez les alligators, la reproduction repose sur la construction de nids constitués de branchages et de végétaux en décomposition. Environ trois semaines s’écoulent entre l’accouplement et la ponte. La température d’incubation au sein du nid joue un rôle déterminant dans le sexe des nouveau-nés. Après l’éclosion, la femelle assure une protection active de sa progéniture, transportant parfois les petits dans sa gueule ou sur son dos pour traverser les zones humides.
Legende
Alligator du Mississippi
Credit
© Palais de la Porte Dorée
Les Crocodiliens à l'Aquarium tropical
L’histoire des crocodiliens à l’Aquarium tropical est étroitement liée à l’emblématique « fosse aux crocos », aménagée dès 1934 avec un décor alors inédit dans un parc animalier. En 1948, Théodore Monod, scientifique, naturaliste et explorateur pour le Muséum national d’Histoire naturelle, envoie depuis Dakar un groupe de crocodiles du Nil (Crocodylus niloticus). Ces animaux, arrivés déjà adultes, ont marqué durablement l’imaginaire des visiteurs, le dernier ayant vécu jusqu’en 2008. Pendant 60 ans, plusieurs générations de visiteurs ont ainsi entretenu un lien fidèle avec ces pensionnaires emblématiques de l’histoire de l’Aquarium tropical.
À partir de 2008, l’Aquarium fait le choix de présenter des alligators du Mississippi (Alligator mississippiensis), nés à la Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte, dans la Drôme. Trois jeunes femelles, issues de la même fratrie, s’approprient rapidement leur nouvel environnement. Elles ont pu profiter des soins apportés quotidiennement pour leur bien être, alternant bains, douches ou farniente sur la plage. Des liens sociaux forts se développent entre elles, parfois accompagnés de vocalises, notamment entre la femelle dominante et ses sœurs. Bien que réputés moins agressifs que les crocodiles du Nil, ces alligators demeurent des animaux sauvages capables d’exprimer clairement les limites de leur territoire.
En 2014, deux jeunes femelles alligators albinos provenant d’une ferme d’élevage aux États-Unis (Floride) rejoignent également l’Aquarium. L’une d’elles est décédée en août 2023 des suites d’une maladie, et la seconde a quitté l’établissement le 5 janvier 2026 pour rejoindre la Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte, où elle partage désormais un espace avec d’autres alligators albinos.
Conservation et enjeux actuels
Bien que toutes les espèces de crocodiliens, alligators, caïmans, crocodiles ou gavials, soient protégées par la Convention de Washington (CITES), les alligators du Mississippi ne figurent pas parmi les plus menacés. Aujourd’hui, ce ne sont plus tant la chasse que la pollution et la réduction des habitats naturels en Louisiane et en Floride qui fragilisent les populations sauvages. Les alligators présentés à l’Aquarium tropical sont issus de programmes de protection visant à préserver une diversité génétique essentielle à la conservation durable de l’espèce.