Perche du Nil
Lates niloticusNon visible à l'aquarium
Dans les années 50, la perche du Nil a été introduite dans les eaux du lac Victoria. Ce poisson piscivore, pouvant atteindre 200 kg, représentait un bon apport en protéines pour les riverains du lac.
Ce lac d'Afrique de l'est de 70000 km² présentait la particularité d'abriter plus de 400 espèces endémiques dont plus de 300 espèces d'haplochrominiens. Ces haplochrominiens dérivent d'un ancêtre unique : la spéciation rapide dans ce groupe est liée à l'utilisation des nombreuses possibilités trophiques du milieu. Certains broutent des algues, d'autres mangent du plancton, des mollusques, des larves d'insectes ou de poissons.
La perche s'est multipliée au détriment des espèces locales. On estime qu'elle a entrainé la disparition de 200 espèces d'haplochrominiens.
Vers 1985, la perche du Nil s'est trouvée au centre d'une polémique. On la tenait pour seule responsable de la chute de la biodiversité des cichlidés et d'un appauvrissement général de la faune du Victoria.
Depuis, d'autres observations ont été faites et on pense que si l'introduction de la perche du Nil a eu de telles conséquences c'est parce que le lac Victoria était un lac fragilisé :
- par la suppression, vers 1930, des crocodiles dont la présente aurait pu limiter la population de perche
- par son eutrophisation (augmentation importante de la production végétale et appauvrissement en oxygène des fonds
- par l'extension rapide de la jacinthe d'eau qui envahit les rives
- par la déforestation du bassin qui accroît le ruissellement et l'apport de sédiments dans le lac
- par l'utilisation croissante d'engrais et de pesticides
- par l'augmentation de la population qui vit sur les rives du lac
- par les nouvelles techniques de pêche au chalut raclant les fonds
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Conservation status