Vous êtes ici

Océan et changement climatique : les nouveaux défis

Focus sur le rapport spécial du GIEC "Océan et cryosphère".

Le 25 septembre 2019, le GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a diffusé un rapport spécial sur l'océan et la cryosphère. La Plateforme Océan et Climat, dont l'Aquarium tropical est membre, a préparé des fiches pour vous aider à en comprendre les informations scientifiques les plus importantes.

photo_ocean_rapport_giec

La Plateforme Océan et Climat, seule ONG française à avoir participé à la relecture gouvernementale du rapport spécial du GIEC, a produit des fiches intitulées « Océan et changement climatique : les nouveaux défis ». Ces fiches décryptent cinq grands thèmes présentés dans le rapport :

  • Le réchauffement de l'océan.
  • La montée du niveau de la mer.
  • Les pressions pesant sur l’océan Austral.
  • Les évènements extrêmes.
  • La désoxygénation de l’océan.

Télécharger l'ensemble des fiches

Océan et climat : où en est-on ?

Les faits

L’océan et la cryosphère (neige, glace, glaciers, banquises, sols gelés) sont à la base des équilibres permettant la vie sur notre planète et au coeur de la régulation du climat.
La majeure partie des changements qui affectent l’océan et la cryosphère ont des causes liées aux activités humaines.
Les modifications qui touchent l’océan et la cryosphère jouent un rôle clé dans la détermination du climat planétaire.
L’océan joue un rôle déterminant pour le climat mondial puisqu’il échange en permanence de la chaleur avec l’atmosphère, la stocke et la redistribue de l’équateur vers les pôles et de la surface vers le fond par l’intermédiaire des courants marins.

Les composants clés des systèmes océaniques et de la cryosphère, et leur évolution dans le contexte du changement climatique.

Les composants clés des systèmes océaniques et de la cryosphère, et leur évolution dans le contexte du changement climatique.
Source : IPCC, SROCC, Chapitre 1 - 2019

Lieux des événements extrêmes entre 1998 et 2017

Localisations des régions où se sont produits les événements extrêmes en lien avec les changements affectant l’océan (sélection d’évènements qui ont eu lieu entre 1998 et 2017).
Source : IPCC, SROCC, chapitre 6 - 2019.

Chiffres-clés

L’océan recouvre plus de 70% de la planète. Environ 95% restent inexplorés.
Depuis 1950, l’océan a déjà absorbé plus de 90% de l’excès de chaleur et 30% du CO2 liés aux activités humaines.

Télécharger la fiche synthétique

L’océan se réchauffe

Les faits

Réchauffement de l'océan de 1981 à 2018 en fonction de la profondeur

Réchauffement de l'océan de 1981 à 2018 en fonction de la profondeur.
Source : IPCC, SROCC, chapitre 6 - 2019

L’océan a déjà absorbé 93% de l’excès de chaleur lié au changement climatique planétaire. Il se réchauffe à toutes les profondeurs, avec des variations régionales.
À l’échelle mondiale, le réchauffement de l’océan est plus prononcé près de la surface, et s’atténue à partir de 2000 mètres de profondeur.
Le stockage de chaleur dans l’océan accroît les risques de vagues de chaleur océaniques, ces épisodes inhabituels de réchauffement des températures de surface de la mer qui perdurent de quelques jours à plusieurs mois et peuvent concerner des milliers de km2.
Les vagues de chaleur océaniques et les événements extrêmes plus fréquents auront des conséquences sur les écosystèmes marins et côtiers en altérant leur fonctionnement et en provoquant une diminution de la biodiversité.
La mise en place de mesures d’adaptation et d’atténuation peut limiter les conséquences sur les communautés humaines (sécurité, santé, ressources et activités économiques).

Chiffres-clés

Selon les modèles, il est probable que l'océan emmagasine d'ici 2100 entre trois et six fois la quantité de chaleur qu’il a déjà absorbé depuis 1900.
Depuis 1950, plus de 90% de l’excès de chaleur accumulé dans le système climatique lié à l’effet de serre a été absorbé par l’océan.
Entre 1971 et 2010, les 75 premiers mètres de profondeur se sont réchauffés de 0,11°C par décennie.
Environ 84% à 90% des vagues de chaleur océaniques observées dans l’océan au cours de la dernière décennie peuvent être attribuées au réchauffement climatique induit par les activités humaines.

Télécharger la fiche synthétique

La mer monte de plus en plus vite

Les faits

Les modèles prédisent que la montée du niveau de la mer devrait s’accélérer dans le futur.
Au 20e siècle, le niveau moyen de l’océan a augmenté de 17 centimètres en 100 ans. Entre 1994 et 2018, il a augmenté de 8,5 cm. Un seul constat : la montée des eaux s’accélère à mesure que nos émissions de gaz à effet de serre augmentent.
Trois principaux facteurs sont à l’origine de l’augmentation du niveau de la mer : la dilatation de l’eau, la fonte des glaciers, et celle des calottes polaires. Selon les prédictions, en 2100, la vitesse de montée des eaux se rapprocherait de +19 mm/an.
Les populations côtières vivant dans les grandes villes côtières et les petits États insulaires sont les premières menacées par la montée des eaux.

Elévation globale du niveau de la mer constatée et prévue entre 1950 et 2100

Elévation globale du niveau de la mer constatée et prévue entre 1950 et 2100.
Source : IPCC, SROCC, SPM - 2019.

Chiffres-clés

La montée du niveau de la mer pourrait atteindre en moyenne entre 28 et 120 centimètres d’ici 2100 selon les différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre et les marges d'erreur.
De 1994 à 2018, l’océan est monté de 8,5 cm, soit une vitesse moyenne de plus de 3,6 mm/an. En 2100, il est prédit que la montée des eaux pourrait approcher 19 mm/an.
Les zones côtières abritent 28% de la population mondiale, dont 11% vit à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Plus de 3 milliards de personnes dépendent des ressources alimentaires et des protéines que l’océan fournit, et plus d’un quart vit à moins de 100 km des littoraux.

Télécharger la fiche synthétique

L’océan Austral est sous pression

Les faits

Processus majeurs du changement global dans l'océan Austral

Processus majeurs du changement global dans l'océan Austral. © Plateforme Océan et climat - 2019

L’océan Austral recouvre 35 millions de km2, soit 10% de l’océan mondial. Il s’étend au sud du 60ème parallèle sud et sur toute la circonférence du globe, entourant l'Antarctique.
Véritable « puits de CO2 », cet océan en absorbe plusieurs milliards de tonnes chaque année. Il est parcouru par le Courant Circumpolaire Antarctique (CCA) : le courant océanique le plus puissant, le plus important et le plus rapide au monde.
Du fait de sa position géographique, l’océan Austral joue un rôle majeur dans la circulation océanique globale, dans la régulation du climat, dans la régulation du cycle du carbone et dans la concentration en CO2 de l’atmosphère. Le CCA est la principale source de formation d’eau dense (les eaux qui plongent au fond de l’océan). Il absorbe les courants chauds et les entraîne au fond, tout en distribuant des eaux froides et denses.
D’ici 2100, les couches supérieures de l’océan Austral devraient se réchauffer de 1 à 3°C, adoucissant les eaux de surface, et perturbant ainsi la circulation océanique dont la différence de salinité entre masses d’eaux est le principal moteur. La biodiversité australe est spécifique à cette région : plusieurs espèces, telles que le krill et certains poissons, sont déjà impactés par le réchauffement climatique.

Chiffres-clés

79% des espèces feront face à une réduction de leur habitat suite aux modifications des températures et aux changements de couverture de glace. Cette réduction sera plus ou moins prononcée suivant les régions antarctiques.

Télécharger la fiche synthétique

Vers des évènements extrêmes

Les faits

evenements_extremes_giec

© DR

Les événements météorologiques classiques gagnent en intensité et provoquent des impacts socio-environnementaux et économiques catastrophiques.
50% de jours supplémentaires de vagues de chaleur ont été enregistrés entre 1987 et 2018 par rapport à la période 1925-1954.
Historiquement rares, les évènements extrêmes risquent pourtant de devenir de plus en plus fréquents au cours de ce siècle. Observables une fois tous les cent jours, ils pourraient survenir une fois tous les trois ou six jours selon les scénarios.
Le nombre de cyclones de catégorie 4 et 5 augmentera, provoquant une élévation du niveau de la mer temporaire, qui, combinée à d’autres effets, entraînera des inondations catastrophiques.

Chiffres-clés

90% des vagues de chaleur océaniques sont imputables à l’homme.
En 2015 et 2016, 1/4 de la surface de la mer a subi des événements plus longs et plus intenses.
La saison cyclonique 2017 en Atlantique Nord fut la plus active des 100 dernières années.

Télécharger la fiche synthétique

L’Océan perd de l’oxygène

Les faits

Zones pauvres en oxygène dans l'océan mondial

Zones pauvres en oxygène dans l'océan mondial.
Source : IOC - UNESCO - 2018.

La désoxygénation est considérée comme l’une des trois problématiques majeures concernant l’océan.
Les causes de la désoxygénation sont de deux natures : les hausses de températures, qui impactent la capacité de l’océan à retenir de l’oxygène, et les apports excessifs de nutriments dans les eaux côtières suite aux activités humaines.
On considère qu’une zone est soumise à la désoxygénation lorsque l’on atteint moins de 2 mg d’oxygène par litre d’eau.
Les zones de minimum d’oxygènes (OMZs) ont augmenté de 4,5 millions de km2 depuis 1960, soit 1,25% de la surface du globe.
Cette diminution d’oxygène a un impact direct sur la biodiversité. Les animaux ayant du mal à respirer, leur productivité ainsi que la biodiversité décroît. D’ici à 2100, on estime que la biomasse pourrait diminuer de 15% à cause de la désoxygénation. Or, plus de 3 milliards de personnes dépendent des ressources alimentaires et des protéines que l’océan fournit.
Une diminution de 3,5% du taux d’oxygène d’ici 2100 menace l’océan. Les impacts : l’augmentation de “zones mortes” et la disparition d’un grand nombre d’espèces.

Chiffres-clés

Les zones de minimum d’oxygènes (OMZs) ont augmenté de 4,5 millions de km2 depuis 1960, soit 1,25% de la surface du globe.
D’ici à 2100, une diminution de 3 à 4% de l’oxygène dissous dans l’océan est envisagée, avec de grandes variations locales.

Télécharger la fiche synthétique

Conséquences des activités humaines sur les interactions océan et climat

Conséquences des activités humaines sur les interactions océan et climat © Plateforme Océan et climat - 2019

 

Haut de page