Les Ghâts occidentaux d’Inde
Cette chaîne montagneuse qui longe la côte Ouest du sous-continent indien est un haut lieu de la biodiversité mondiale, avec de nombreuses espèces qui en sont originaires. Mais les Ghâts occidentaux sont sous la menace croissante des activités humaines.
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Aval d'une rivière des Ghâts occidentaux d'Inde
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© Beta Mahatvaraj
Les Ghâts occidentaux, hot spot de biodiversité
Cette chaîne montagneuse s’étend le long de la côte Ouest de l’Inde. D’une altitude moyenne de 1200 mètres, elle est faite principalement de roches volcaniques. Sa face occidentale reçoit de fortes pluies qui alimentent de nombreux torrents, chutes d’eau, rivières et grands fleuves. À l’Est en revanche, son climat est plus sec.
C’est l’un des huit hot spots de biodiversité au monde. La forêt qui la recouvre, en particulier dans sa partie Sud, est la seule forêt vierge de l’Inde méridionale. Elle abrite de très nombreuses espèces animales et végétales proches de celles que l’on retrouve sur les hauts plateaux du Sri Lanka ou dans les forêts himalayennes.
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Amont d'une rivière des Ghâts occidentaux d'Inde
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© Beta Mahatvaraj
Partie intermédiaire d'une rivière des Ghâts occidentaux d'Inde
© Beta Mahatvaraj
Un fort taux d’endémisme
Plus de la moitié des arbres et plus d’un tiers des 1200 espèces de vertébrés qu’abritent les Ghâts occidentaux sont endémiques de cette région. Cela signifie qu’on ne les trouve qu’à cet endroit et nulle part ailleurs dans le monde. C’est particulièrement vrai pour les poissons d’eau douce, dont 139 des 191 espèces présentes sont endémiques. Par exemple, les 6 espèces de poissons du genre Sahyadria ne vivent que dans une douzaine de rivières des Ghâts occidentaux.
C’est aussi le domaine de grands mammifères emblématiques, comme le tigre du Bengale, l’éléphant d’Asie ou le gaur, le plus gros des bovidés sauvages.
Un environnement transformé par l’homme
Autrefois sauvages et très difficiles d’accès, les Ghâts occidentaux ont été progressivement habités par l’homme. L’élevage traditionnel de buffles et de moutons a été peu à peu remplacé par les cultures de thé et de café pour l’exportation, de fruits et légumes pour nourrir les migrants venus des plaines. Les plantations d’arbres introduits, comme l’acacia ou l’eucalyptus, ont remplacé les forêts d’origine. Plus récemment, l’augmentation rapide de la population et le tourisme de masse ont entraîné une urbanisation importante.
Il ne subsiste plus aujourd’hui qu’une infime fraction de la forêt d’origine. 95 espèces de vertébrés y sont classées parmi les espèces menacées, dont 51 en danger critique d’extinction.